Secrets de la bougie

Un peu d’histoire sur le fameux accessoires lumineux qu’est la bougie.

Selon Jonathan Bourne et Vanessa Brett, « L’art du luminaire », (Traduit de l’anglais par Jean-Paul Mourlon), éditions FLAMMARION 1992.

Titre original de l’édition anglaise : Lighting in the domestic interior, renaissance to art nouveau, Philip Wilson Publishers Limited, pour Sotheby’s Publications

Bougie« La bougie est, avec la lampe à huile, la plus vieille méthode d’éclairage. Dès 3000 av. J.-C., on peut tenir pour certain que le principe était connu en Egypte et en Grèce, et ce sont probablement les Romains qui en ont diffusé l’usage dans toute l’Europe.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, cette méthode d’éclairage fut la plus employée. Il est douteux qu’au Moyen-Age elle ait été répandue en dehors des grandes demeures, des églises et des monastères, mais dès le XVIe siècle, période qui vit une nette amélioration des conditions de vie des pauvres, les chandeliers apparaissent régulièrement dans les inventaires domestiques.

Bougies parfuméesLes chandelles destinées à l’usage quotidien étaient faites de suif, graisse animale purifiée. La meilleure était celle de mouton, puis celle de búuf ; on se servait parfois de graisse de porc, bien qu’elle donnât une fumée noire et malodorante.

Dans les campagnes, les bougies étaient souvent fabriquées à la maison, sans doute par les femmes. En Angleterre, cela fut interdit en 1709 par une loi du Parlement, et il fallut désormais les acheter ; mais il arrivait parfois qu’un paysan en produise pour son voisinage. Un búuf donnait assez de suif pour assurer pendant trois ans les besoins en éclairage d’une ferme.

Bougies anciennesA Londres, les producteurs de bougies de suif et de cire avaient chacun formé leur guilde à la fin du XVe siècle. On comptait au moins un fabricant dans les villes de marché ainsi que dans certains villages. Les fermes et les abattoirs des environs leur fournissaient les matières premières et ils s’attelaient à la désagréable tâche de purifier le suif.

La graisse était fondue dans un grand chaudron et l’on écumait d’abord les impuretés quand elles remontaient à la surface. On ajoutait ensuite de l’eau, pour emprisonner le reste, pris entre l’eau et la graisse. Les résidus ainsi produits étaient pressés pour en extraire le suif : on obtenait de cette façon une substance grumeleuse dont on nourrissait les chiens, les porcs voire les canards. On fabriquait la mèche en tordant ensemble plusieurs fils de coton, découpés ensuite à la longueur désirée, et bien tendus pour faire disparaître les núuds, qui provoquaient des grésillements.

Histoire des bougiesLes bougies les moins chères étaient dites « chandelles à la plongée » (allusion à leur mode de fabrication). L’artisan suspendait plusieurs mèches à une tige et, tenant celle-ci aux deux extrémités, les plongeait dans un bain de suif fondu, dont elles étaient enduites. Il les mettait à sécher avant de renouveler l’opération à plusieurs reprises, jusqu’à qu’elles aient la grosseur désirée. La base, conique, était supprimée par un passage sur une plaque de laiton chauffée.

Les bougies de cire d’abeille étaient bien meilleures : elles fumaient moins, brûlaient en donnant plus de lumière, sans provoquer de mauvaise odeur. Elles étaient fabriquées selon une méthode tout à fait différente. La cire était fondue, filtrée pour en ôter les impuretés, puis on l’étendait au soleil en bandes minces afin de la blanchir et de lui faire perdre sa couleur jaune. Elle était alors fondue dans un chaudron et versée sur les mèches, suspendues à une sorte de cerceau de fer installé au-dessus. Les bougies, encore molles et tièdes, étaient mises en forme à l’aide de rouleaux de bois dur, qu’il fallait humidifier pour qu’elles n’y adhèrent pas.

Nous vivons à l’âge des ampoules et il nous est presque impossible d’imaginer à quel point, jusqu’à l’avènement au siècle dernier de l’éclairage au gaz, il y avait peu de lumière dans les maisons une fois la nuit tombée. Le feu était une sorte de point focal dans chaque pièce, à laquelle il

assurait à la fois chaleur et éclairage. En ce domaine les méthodes ne changèrent guère avant 1850. Les bougies de cire étaient coûteuses ; les lampes à huile, les chandelles de suif et les brûle-joncs produisaient une fumée malodorante et une faible lumière vite épuisée.

La vie quotidienne était gouvernée par les heures du jour ; les gens se levaient souvent plus tôt qu’aujourd’hui, mangeaient à des heures très différentes (le principal repas de la journée étant pris en milieu d’après-midi), et se couchaient plus tôt.

Le nombre de bougies que tel ou telle était disposé à brûler une fois l’obscurité venue était un indice très sûr de sa richesse ; Une pièce éclairée avec opulence éveillait à coup sûr commentaires et cancans. Pour les pauvres, la journée commençait avec le lever du soleil et se terminait au crépuscule.

Nos yeux sont accoutumés à la lumière aveuglante et plate des ampoules électriques. La flamme des chandelles, comme celle des lampes à huile ou à pétrole, parce que mouvante et tremblotante, donnait aux choses ombres et mouvement. La décoration sculptée prenait un relief plus vif, les surfaces polies — dorures, argent, miroirs — luisaient ; tous les objets semblaient s’animer. »

Symbole de fête, de cérémonie, de romance, et de convivialité, la bougie est toujours autant prisée et utilisée alors, même si aujourd’hui l’électricité nous offre la clarté, ne nous privons pas de la lumière féerique des bougies.

Nos coups de cœur

L’art du luminaire de Jonathan Bourne et Vanessa Brett

La bougie et son histoire« Indissociable des progrès techniques, l’histoire de l’art du luminaire est aussi étroitement liée aux grandes tendances des styles décoratifs. Abondamment illustré par une vaste enquête photographique et le recours à une iconographie ancienne, cet ouvrage retrace l’évolution des modes d’éclairage, et le travail des artisans qui les ont conçus et décorés. 840 illustrations dont 273 en couleur. » Traduit de l’anglais par Jean-Paul Mourlon, Editions FLAMMARION 1992.

Titre original de l’édition anglaise : Lighting in the domestic interior, renaissance to art nouveau, Philip Wilson Publishers Limited, pour Sotheby’s Publications.

Bougies et bougeoirs de Gloria Nicol

« Très belles illustrations, très bon ouvrage, plein d’idées pour fabriquer et présenter ses bougies. Recettes faciles pour débutants». Traduction française de Katia Gandwerg, Concept & langage Editions Fleurus Mame 1996.

Titre original de l’édition anglaise : The new candle book , Anness Publishing Limited, Londres 1995.

Lexique

  • Un peu de vocabulaire (définition du Petit Larousse illustré ou du Petit Robert), un peu d’humour
  • Bobèche n.f. (de bobine). Disque (de verre, de métal, etc) adapté à un bougeoir pour arrêter les coulures de bougie fondue.
  • Bougeoir n.m. (de bougie). Petit chandelier sans pied, muni d’un anneau ou d’un manche.
  • Bougie n.f. (de Bougie, Bejaia ville d’Algérie d’où l’on exportait beaucoup de cire).
  • Bâtonnet cylindrique de cire, de paraffine, etc., entourant une lèche et fournissant une flamme qui éclaire.
  • Anciennement, unité de mesure d’intensité lumineuse (aujourd’hui candela).
  • Calbombe ou Calebombe nf (argot) : bougie ou chandelle. Eth. sans doute de Caleil (régional), lampe à huile, ampoule.
  • Camoufle nf (argot) : bougie ou chandelle. Eth. de camouflet : fumée qu’on souffle malicieusement au nez (de qqn) au moyen d’un cornet de papier Candélabre n.m.(latin : candelabrum, de candela, chandelle)
  • Chandelier ou flambeau à plusieurs branches.
  • Lampadaire de voie publique.
  • Chandeleur nf (du latin festa candelabrum, fête des chandelles) Fête catholique (2 février) de la présentation de Jésus au Temple et de la purification de la Vierge.
  • Chandelier n.m. (latin candelabrum) Support, spécialement support muni d’une pointe, pour les bougies, les cierges, les chandelles.
  • Chandelier Pascal : candélabre qui reçoit le cierge Pascal.
  • Personne qui fabrique ou vend des chandelles.
  • Chandelle nf (du latin candela) tige de suif, de résine ou d’une autre matière inflammable entourant une mèche, utilisée autrefois pour l’éclairage.
  • Cire nf. (du latin, cera) Cire d’abeille, substance grasse et fusible, de couleur jaune, sécrétée par les glandes cirières des abeilles ouvrières, qui en font les rayons de leur ruche.
  • Cirier nm. Qui produit de la cire.
  • Cirier nm. Celui qui travaille la cire ; marchand, fabricant de cierges, de bougies.
  • Eteignoir n.m. Petit cône métallique dont on coiffe les bougies ou les chandelles pour les éteindre.
  • Lampion nm. Lanterne vénitienne ; Cylindre ou sphère de papier plissé… bougie qui brûle à l’intérieur d’un lampion, selon Le Petit Robert ou encore « petit récipient contenant une matière combustible et une mèche qui sert aux illuminations » selon Le Petit Larousse Illustré. Aujourd’hui ce terme a dérivé, des termes « marketing » sont nés et « lampions » est souvent utilisé pour désigner des photophores ou même pour des bougies qui ont la forme d’un « cylindre de papier plissé » Lumignon nm (du latin, lumen, luminis, lumière) Bout de la mèche d’une bougie allumée, petit morceau de chandelle, ou encore lampe qui diffuse une lumière faible.
  • Lustre (de l’italien, lustro, lumière) Appareil d’éclairage décoratif suspendu au plafond. Mais encore : Eclat brillant de quelque chose ; poli. Ou encore : Eclat, relief. Comme le lustre mondain.
  • Mèche nf. Assemblage de fils, cordon, tresse employés dans la confection des bougies ou pour servir à conduire un liquide combustible dans un appareil d’éclairage.
  • Moucher v.t. enlever la partie carbonisée d’une mèche.
  • « Elle n’était pas laide, quoique si maigre et si sèche qu’elle n’avait jamais mouché de chandelle avec les doigts que le feu n’y prit. »
  • SCARRON, le Roman comique.
  • Mouchette n.f. ciseaux pour moucher les chandelles.
  • Improprement utilisé pour les éteignoirs.
  • Oribus nm. (dialecte) terme solognot pour désigner une chandelle de résine (glossaire du pays de Sologne), cité par Balzac.
  • Ozocérite ou Ozokérite nf (du grec ozein, exhaler une odeur, et keros, cire) en Chimie, hydrocarbure naturelle semblable à la cire d’abeille. Synonyme :paraffine naturelle.
  • Paraffinage nm. Action de paraffiner.
  • Paraffine nf (du latin parum affinis, qui a peu d’affinité) substance blanche faite d’un mélange d’ hydrocarbures saturés solides caractérisés par leur indifférence aux agents chimiques, utilisée notamment dans la fabrication des bougies et de certains emballages.
  • Paraffiner vt. Enduire, imprégner de paraffine. (Papier paraffiné)
  • Photophore nm. Coupe décorative en verre, destinée à recevoir une bougie ou une veilleuse
  • Stéarine nf (du grec, stear graisse) Corps gras, principal constituant des graisses animales.
  • Le chimiste Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) publie en 1823 un ouvrage : « recherches chimiques sur les corps gras d’origine animale » où il expose la première théorie scientifique de la saponification. Conséquence pratique : l’invention de bougies en stéarine qui viennent dès 1825 remplacer les chandelles de suif. (d’après Encyclopaedia Universalis) Stéarinerie nf. Fabrique de stéarine.
  • Stéarinier nm. Fabricant de stéarine.
  • Stéarique adj. Se dit d’un acide contenu dans les graisses animales et servant surtout à fabriquer des bougies.
  • Suif nm. graisse d’animaux herbivores, composée de plusieurs glycérides (stéarine, margarine et oléine) utilisée pour la confection de chandelles. (in Le Robert électronique) Suiffer vt. Enduire de suif.
  • Suiffeux, euse adj. De la nature du suif.
  • Votif, ive adj. Qui commémore l’accomplissement d’un vœu… Ce sont donc des bougies offertes en gage d’un vœu, (quelle que soit la religion). Aujourd’hui ce terme a quelque peu dérivé et des termes « marketing » sont nés, il arrive parfois que « votive » représente un petit « fumeur », c’est-à-dire une petite bougie cylindrique toute simple.